1. Introduction : Le paradoxe de la tromperie par la vérité littérale à 100 %
En l’an 362 après J.-C., fuyant la persécution de l’empereur romain Julien l’Apostat, saint Athanase d’Alexandrie remontait le Nil sur une petite embarcation. Voyant que la galère impériale lancée à sa poursuite gagnait rapidement du terrain, Athanase ordonna à son barreur de faire demi-tour à 180 degrés et de ramer droit vers ses poursuivants.
Lorsque les deux bateaux se croisèrent, les soldats romains — ne soupçonnant pas un instant que leur proie naviguait vers eux — crièrent à travers le fleuve : « Avez-vous vu le traître Athanase ? Où est-il ? » Athanase lui-même se leva dans la barque et répondit d’une voix calme : « Il n’est pas loin d’ici (He is not far from here!) ! Ramez vite et vous le rattraperez ! » Les soldats le remercièrent et ramèrent furieusement vers l’amont, tandis qu’Athanase regagnait Alexandrie sain et sauf.
Cette célèbre anecdote patristique pose une énigme philosophique redoutable. L’énoncé prononcé par Athanase (« Il n’est pas loin d’ici ») était littéralement et objectivement vrai à 100 % : puisqu’Athanase se trouvait lui-même sur ce bateau, sa distance par rapport à lui-même était nulle. Il n’a prononcé aucune proposition fausse. Pourtant, il avait clairement l’intention d’amener les soldats à former la croyance fausse qu’Athanase fuyait plus loin en amont, réussissant ainsi parfaitement à les tromper (deceive). Saint Athanase a-t-il menti ?
1.1 L’arrêt historique de la Cour suprême des États-Unis : Bronston v. United States (1973)
Loin d’être une simple subtilité théologique, cette distinction est au cœur d’un arrêt célèbre de la Cour suprême des États-Unis sur le parjure : Bronston v. United States (409 U.S. 352, 1973).
Le producteur hollywoodien Samuel Bronston, interrogé sous serment lors d’une audience de faillite sur d’éventuels avoirs cachés, eut l’échange suivant avec l’avocat des créanciers :
Avocat (Q) : « Avez-vous des comptes bancaires dans des banques suisses, M. Bronston ? » Bronston (R) : « Non, monsieur. » Avocat (Q) : « En avez-vous jamais eu (Have you ever) ? » Bronston (R) : « La société y a eu un compte pendant environ six mois, à Zurich. »
En réalité, le compte personnel de Bronston était déjà clôturé le jour de l’audience (rendant son premier « Non » littéralement vrai), et sa société avait effectivement détenu un compte à Zurich pendant six mois. Mais Bronston avait dissimulé qu’il avait détenu personnellement un compte bancaire privé à Genève pendant près de cinq ans, sur lequel avaient transité plus de 180 000 dollars !
Condamné en première instance et en appel pour parjure, Bronston vit sa condamnation annulée à l’unanimité (9–0) par la Cour suprême des États-Unis. Le juge en chef Warren Burger statua que la loi fédérale sur le parjure ne punit pas un témoin qui dit la vérité littérale, même si sa réponse est évasive et calculée pour induire l’interrogateur en erreur (intent to mislead). C’est à l’avocat qui pose les questions qu’incombe la responsabilité épistémique (caveat auditor) de détecter l’évasion et de poser des questions supplémentaires.
1.2 La casuistique théologique : Restriction mentale (Restrictio Mentalis) et équivoque (Aequivocatio)
Dans la tradition chrétienne, saint Augustin (De Mendacio, 395 ; Contra Mendacium, 420) et saint Thomas d’Aquin (Summa Theologiae II-II, q. 110) avaient condamné tout mensonge (locutio contra mentem) comme un péché intrinsèque. Mais aux XVIe et XVIIe siècles, lorsque les prêtres catholiques cachés dans l’Angleterre élisabéthaine risquaient la torture et la mort, les théologiens jésuites (Martín de Azpilcueta [Doctor Navarrus], Francisco Suárez, Henry Garnet) développèrent la doctrine de la restriction mentale (Restrictio Mentalis) et de l’équivoque (Aequivocatio) : si la restriction purement mentale fut condamnée par le pape Innocent XI en 1679, la restriction mentale large et l’équivoque — où l’énoncé possède un sens littéralement vrai dans la langue publique, laissant l’auditeur tirer lui-même l’inférence fausse — furent jugées exemptes de mensonge.
2. La définition formelle du mensonge : Logique doxastique et « mensonges éhontés » (Bald-Faced Lies)
En philosophie analytique du langage (Chisholm & Feehan 1977 ; Carson 2010 ; Saul 2012 ; Stokke 2018), le mensonge (lying) se formalise dans la logique doxastique (logique de la croyance). Soient $S$ le locuteur, $H$ l’auditeur et $p$ une proposition.
La définition déceptionniste classique ($\text{Lie}_{\text{trad}}$) repose sur quatre conditions :
$$\text{Lie}_{\text{trad}}(S, H, p) \iff \underbrace{\text{Says}(S, H, p)}_{\text{1. Énonciation}} \;\land\; \underbrace{\text{Bel}_S(\neg p)}_{\text{2. Insincérité}} \;\land\; \underbrace{\text{Warrant}(S, H, p)}_{\text{3. Contexte de garantie}} \;\land\; \underbrace{\text{Intend}_S\big(\text{Bel}_H(p)\big)}_{\text{4. Intention de tromper}}$$- Condition d’énonciation ($\text{Says}(S, H, p)$) : $S$ doit affirmer explicitement $p$ comme ce qui est dit (what is said). Le silence, la dissimulation non verbale ou une question grammaticale ne sont pas des mensonges.
- Condition d’insincérité ($\text{Bel}_S(\neg p)$) — Croyance subjective contre fausseté objective : Remarquons que $\neg p$ (la fausseté objective de $p$) n’est pas requise ! Si Alice lit une montre arrêtée et dit sincèrement « Il est 15 heures » alors qu’il est 16 heures, elle commet une erreur honnête (honest mistake) et ne ment pas. Inversement, si Alice croit que Georges est chez lui ($\text{Bel}_S(\neg p)$) et dit à Bob « Georges est à la bibliothèque » ($p$) pour l’égarer, mais que par pur hasard Georges vient tout juste d’entrer à la bibliothèque ($p$ est objectivement vrai), Alice a bel et bien menti en énonçant une vérité objective qu’elle croyait fausse !
- Condition de garantie et terrain commun ($\text{Warrant}(S, H, p)$) : Au théâtre, dans un roman ou dans l’ironie manifeste, le locuteur ne propose pas d’ajouter $p$ au terrain commun (Common Ground, Stalnaker 2002) de la conversation.
- La révolution des « mensonges éhontés » (Bald-Faced Lies — Carson 2006 ; Sorensen 2007 ; Fallis 2009) : Un étudiant pris en flagrant délit de tricherie devant une caméra qui affirme au doyen « Je n’ai pas triché » uniquement pour éviter un aveu formel au dossier, ou un témoin menacé par un chef mafieux qui déclare sous serment « Je n’ai rien vu » alors que toute la salle d’audience sait qu’il a vu le meurtre, n’a aucune intention de tromper ($\neg \text{Intend}_S(\text{Bel}_H(p))$), mais il ment incontestablement ! La « Nouvelle Orthodoxie » définit donc le mensonge sans l’intention de tromper :
3. La pragmatique de H. Paul Grice : Le moteur des vérités trompeuses
Pourquoi saint Athanase et Samuel Bronston n’ont-ils pas menti tout en trompant leurs interlocuteurs ? Parce que ce qu’ils ont littéralement dit ($p$) était vrai ($\text{Bel}_S(p)$), tandis que la fausseté résidait dans l’implicature conversationnelle ($q$) théorisée par H. Paul Grice (1975) dans Logic and Conversation.
3.1 Le Principe de Coopération et les quatre maximes conversationnelles
Selon Grice, les interlocuteurs supposent que le locuteur respecte le Principe de Coopération (Cooperative Principle) et quatre maximes d’inspiration kantienne :
- Maxime de Quantité (Maxim of Quantity) : Que votre contribution contienne autant d’information qu’il est requis.
- Implicatures scalaires (Horn 1972 ; Levinson 2000) : Si vous avez mangé tous les 10 biscuits ($\forall x \, (\text{Biscuit}(x) \to \text{Mangé}(S, x))$) mais dites « J’ai mangé quelques (some) biscuits » ($p \equiv \exists x \, (\text{Biscuit}(x) \land \text{Mangé}(S, x))$), votre énoncé $p$ est 100 % vrai en logique du premier ordre (car $\forall x \models \exists x$). Mais sur l’échelle de Horn $\langle \text{tous}, \text{la plupart}, \text{quelques} \rangle$, l’auditeur en déduit par la maxime de Quantité l’implicature fausse $q \equiv \neg \forall x$ (« S n’a pas mangé tous les biscuits »).
- Maxime de Qualité (Maxim of Quality) : N’affirmez pas ce que vous croyez être faux ($\neg \text{Bel}_S(\neg p)$) ni ce dont vous n’avez pas de preuves.
- Maxime de Relation / Pertinence (Maxim of Relation) : Soyez pertinent (Be relevant).
- Dans le célèbre exemple de Grice de la lettre de recommandation en philosophie, un professeur écrit seulement : « Monsieur X maîtrise parfaitement l’anglais et a assisté régulièrement aux travaux dirigés. » En bafouant ostensiblement (flouting) la Quantité et la Pertinence pour ne pas violer la Qualité, il implique $q =$ « Monsieur X est nul en philosophie ».
- Maxime de Manière / Modalité (Maxim of Manner) : Évitez l’obscurité et l’ambiguïté ; soyez ordonné.
Le test décisif qui distingue l’implicature $q$ de ce qui est dit $p$ est l’annulabilité (Cancellability) sans contradiction logique (« J’ai mangé quelques biscuits — en fait, je les ai tous mangés ! »).
3.2 Pragmatique bayésienne (modèle RSA) et « Paltering »
Dans le modèle Rational Speech Act (RSA) (Frank & Goodman 2012), l’auditeur pragmatique $L_1$ inverse le modèle du locuteur coopératif $S_1$ par la règle de Bayes :
$$P_{L_1}(w \mid u) = \frac{P_{S_1}(u \mid w) \cdot P(w)}{\sum_{w' \in W} P_{S_1}(u \mid w') \cdot P(w')}, \quad P_{S_1}(u \mid w) \propto \exp\Big(\alpha \big(\ln P_{L_0}(w \mid u) - C(u)\big)\Big)$$L’induction en erreur par la vérité (Truthful Misleading / Paltering, Rogers et al. 2017) consiste, dans l’état réel $w^*$, à choisir un énoncé littéralement vrai $u^*$ ($\llbracket u^* \rrbracket(w^*) = 1$) qui maximise la probabilité a posteriori $P_{L_1}(w_{\text{false}} \mid u^*)$ d’un état faux $w_{\text{false}} \neq w^*$ :
$$\text{Mislead}_{\text{truthful}}(S, H, p, q) \iff \text{Says}(S, H, p) \;\land\; \text{Bel}_S(p) \;\land\; \text{Implicates}(S, H, p, q) \;\land\; \text{Bel}_S(\neg q) \;\land\; \text{Intend}_S\big(\text{Bel}_H(q)\big)$$
flowchart TD
Start["Le locuteur S produit un énoncé u"] --> Q1{"S croit-il que « ce qui est dit » (p)<br/>est FAUX ? Bel_S(¬p)"}
Q1 -- "Oui : Bel_S(¬p)" --> Q2{"S a-t-il asserté p dans un<br/>contexte garantissant la vérité ?"}
Q2 -- "Oui" --> Q3{"S a-t-il l'intention de tromper<br/>l'auditeur H sur p ?"}
Q3 -- "Oui" --> StdLie["[Mensonge trompeur standard]<br/>Viole directement la maxime de Qualité sur p<br/>Ex. : « Ce plat ne contient aucune arachide »"]
Q3 -- "Non" --> BaldLie["[Mensonge éhonté (Bald-Faced Lie)]<br/>¬p est un savoir partagé ; sans intention de tromper<br/>Ex. : Étudiant filmé niant tricher, témoin menacé"]
Q2 -- "Non" --> NonAssert["[Fiction, Théâtre, Ironie, Plaisanterie]<br/>Pas de mise à jour du Terrain Commun factuel"]
Q1 -- "Non" --> Q4{"S se soucie-t-il de savoir si p<br/>correspond à la vérité objective T ?"}
Q4 -- "Non : Indifférence épistémique" --> Bullshit["[Bullshit au sens de Frankfurt]<br/>Indifférence totale à la valeur de vérité de p<br/>Optimise uniquement l'impression ou la plausibilité (LLM)"]
Q4 -- "Oui : Bel_S(p)" --> Q5{"S a-t-il l'intention que H infère<br/>une implicature conversationnelle q<br/>que S croit FAUSSE ? Bel_S(¬q)"}
Q5 -- "Oui" --> Mislead["[Induction en erreur par la vérité / Paltering]<br/>Énonce une vérité littérale p pour impliquer le faux q<br/>Ex. : St Athanase, Bronston v. US, lettre de Kant"]
Q5 -- "Non : Bel_S(q)" --> Honest["[Assertion pleinement honnête]<br/>Le contenu sémantique p et pragmatique q sont sincères"]
4. Le débat éthique : Le rigorisme de Kant, sa propre ruse et la critique de Jennifer Saul
4.1 Le « meurtrier à la porte » de Kant contre sa promesse au roi Frédéric-Guillaume II
Dans son célèbre opuscule de 1797 Sur un prétendu droit de mentir par humanité, Emmanuel Kant soutient que même face à un meurtrier qui vous demande si votre ami est caché chez vous, faire une déclaration fausse (Aussage / mendacium) est absolument interdit, car le mensonge détruit le principe même du contrat social et de la dignité rationnelle.
Pourtant, Kant lui-même pratiqua magistralement l’induction en erreur par la vérité littérale ! En 1794, réprimandé par le roi de Prusse Frédéric-Guillaume II pour ses écrits sur la religion, Kant rédigea sa promesse de silence en ces termes :
« En tant que sujet le plus fidèle de Votre Majesté Royale [Als Ew. Königl. Majestät getreuester Untertan], je déclare solennellement que je m’abstiendrai désormais complètement de tout cours et écrit publics concernant la religion… »
Dès la mort de Frédéric-Guillaume II en novembre 1797, Kant publia Le Conflit des facultés (1798) et expliqua fièrement en note de bas de page qu’il avait choisi l’expression « sujet de Votre Majesté » afin de n’être lié que durant la vie de ce roi précis, trompant ainsi l’attente du monarque par implicature sans jamais commettre de mensonge formel !
4.2 Asymétrisme (Williams, Shiffrin) contre la critique de Jennifer Saul (2012)
Alors que Bernard Williams (2002) et Seana Shiffrin (2014) estiment qu’induire en erreur est moralement moins grave que mentir parce que l’auditeur partage une part de responsabilité épistémique dans l’inférence $p \to q$, Jennifer Saul démontre dans Lying, Misleading, and What is Said (2012) — notamment grâce au cas du meurtre par allergie aux arachides (dire la vérité « Ce plat est fait avec de l’huile de tournesol et des épices » au lieu de mentir « Il n’y a pas d’arachides » pour tuer un invité allergique) — qu’induire délibérément en erreur n’est moralement en rien supérieur au mensonge et relève souvent de l’hypocrisie morale.
5. On Bullshit (1986/2005) de Harry G. Frankfurt et les hallucinations de l’IA
Dans son essai classique On Bullshit (1986/2005), Harry G. Frankfurt distingue le menteur (liar) du baratineur (bullshitter) :
- L’homme honnête et le menteur jouent tous deux dans le camp de la vérité $T$ : pour mentir ($\text{Bel}_S(\neg p)$), le menteur doit connaître la vérité afin de la dissimuler.
- Le bullshitter, en revanche, se fiche complètement de savoir si ce qu’il dit est vrai ou faux ($\neg \text{Care}_S(p \leftrightarrow T)$). Seule compte l’impression produite sur l’auditoire. C’est pourquoi Frankfurt conclut : « Le bullshit est un plus grand ennemi de la vérité que le mensonge. »
Comme l’ont démontré Hicks, Humphries & Slater (2024) dans “ChatGPT is Bullshit”, les « hallucinations » des grands modèles de langage (LLM), qui optimisent uniquement la probabilité conditionnelle du jeton suivant $P_\theta(w_t \mid w_{1:t-1}) = \text{softmax}(z_\theta / \tau)$ pour produire un texte statistiquement plausible sans croyance ancrée dans le monde $\text{Bel}_{\text{LLM}}(p)$, constituent du bullshit frankfurtien pur au sens mathématique.
6. Synthèse : Taxonomie épistémique, pragmatique et éthique
| Catégorie d’acte de langage | Vérité objective de ce qui est dit ($p$) | État doxastique ($\text{Bel}_S$) | Implicature ($q$) & Intention | Rapport aux maximes de Grice | Exemples paradigmatiques |
|---|---|---|---|---|---|
| 1. Assertion honnête | Vrai (ou faux par accident) | $\text{Bel}_S(p) \land \text{Bel}_S(q)$ | Transmet uniquement un $q$ cru vrai | Respecte coopérativement les 4 maximes | Témoignage sincère, rapport scientifique |
| 2. Erreur honnête | Faux ($\neg p$) | $\text{Bel}_S(p)$ (croyance erronée) | Aucune intention de tromper | Respecte subjectivement la Qualité | Lire l’heure sur une montre arrêtée |
| 3. Mensonge standard | Généralement faux (parfois vrai par hasard) | $\text{Bel}_S(\neg p)$ | Intention de tromper : $\text{Intend}_S(\text{Bel}_H(p))$ | Viole directement la maxime de Qualité (1) sur $p$ | Faux alibi ; « Il n’y a pas d’arachides » |
| 4. Mensonge éhonté (Bald-Faced Lie) | Faux ($\neg p$ est un savoir commun) | $\text{Bel}_S(\neg p)$ | Sans intention de tromper (pour le procès-verbal) | Violation ouverte de la Qualité en contexte de garantie | Étudiant filmé niant tricher ; témoin intimidé |
| 5. Vérité trompeuse (Misleading / Paltering) | Vrai ($p$) | $\text{Bel}_S(p)$, mais $\text{Bel}_S(\neg q)$ | Utilise le vrai $p$ pour induire le faux $q$ | Respecte la Qualité sur $p$, exploite Quantité, Pertinence, Manière | St Athanase ; Bronston v. US ; lettre de Kant au roi |
| 6. Bullshit de Frankfurt | Vrai ou faux (accidentel) | Indifférent à la vérité | Vise uniquement l’impression, la persuasion ou la plausibilité | Abandonne totalement la Qualité et l’exigence de preuve | Démagogie politique ; spin RP ; hallucinations des LLM |
flowchart TD
subgraph TruthField["[Sur le terrain de la vérité : Attention portée au réel T]"]
direction TB
Honest["Locuteur honnête (Truth-Teller)<br/>Connaît la vérité T et guide l'auditeur vers T<br/>Bel_S(p) ∧ Bel_S(q)"]
Misleader["Trompeur par la vérité (Misleader / Palterer)<br/>Connaît T ; énonce une vérité littérale p<br/>pour éloigner H de T via l'implicature q"]
Liar["Le Menteur (Liar)<br/>Connaît T et affirme délibérément le faux p<br/>pour cacher T : Bel_S(¬p)"]
end
subgraph BullshitField["[Hors du terrain de la vérité : Indifférence épistémique]"]
direction TB
Bullshitter["Le Bullshitter & le LLM non ancré<br/>Totalement indifférent à la vérité ou fausseté de p<br/>Optimise seulement l'impression ou la probabilité P(w_t | w_{1:t-1})"]
end
Honest ---|"Manipulation pragmatique"| Misleader
Misleader ---|"Frontière sémantique de ce qui est dit (p)"| Liar
TruthField ===|"Le fossé de Frankfurt :<br/>Reconnaître ou ignorer l'autorité de la vérité"| BullshitField
