<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Théorie Des Ensembles on kenji.blog</title><link>http://kenji.blog/fr/categories/th%C3%A9orie-des-ensembles/</link><description>Recent content in Théorie Des Ensembles on kenji.blog</description><generator>Hugo -- gohugo.io</generator><language>fr</language><copyright>kenjinote</copyright><lastBuildDate>Thu, 10 Sep 2026 12:00:00 +0900</lastBuildDate><atom:link href="http://kenji.blog/fr/categories/th%C3%A9orie-des-ensembles/index.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><item><title>Le paradoxe de Richard : la contradiction provoquée par les nombres décimaux infinis et l'"argument de la diagonale"</title><link>http://kenji.blog/fr/p/richards-paradox/</link><pubDate>Thu, 10 Sep 2026 12:00:00 +0900</pubDate><guid>http://kenji.blog/fr/p/richards-paradox/</guid><description>&lt;img src="http://kenji.blog/p/richards-paradox/img/richards_paradox.jpg" alt="Featured image of post Le paradoxe de Richard : la contradiction provoquée par les nombres décimaux infinis et l'"argument de la diagonale"" />&lt;h2 id="1-la-liste-des-nombres-définissables-par-des-mots">1. La liste des nombres définissables par des mots
&lt;/h2>&lt;p>Le &amp;ldquo;paradoxe de Richard&amp;rdquo;, présenté en 1905 par le mathématicien français Jules Richard, est en quelque sorte le parent du &amp;ldquo;paradoxe de Berry&amp;rdquo; que nous avons vu précédemment. Cependant, celui-ci est plus mathématique et contient une contradiction profonde qui semble scruter l&amp;rsquo;infini.&lt;/p>
&lt;p>Tout d&amp;rsquo;abord, imaginez que nous rassemblons &lt;strong>&amp;ldquo;tous les nombres réels (décimaux) compris entre 0 et 1 qui peuvent être parfaitement définis par une phrase en français&amp;rdquo;&lt;/strong>.&lt;/p>
&lt;p>Par exemple, des nombres comme ceux-ci :&lt;/p>
&lt;ul>
&lt;li>&amp;ldquo;Zéro virgule cinq&amp;rdquo; $\rightarrow$ $0.5$&lt;/li>
&lt;li>&amp;ldquo;Un tiers&amp;rdquo; $\rightarrow$ $0.333333...$&lt;/li>
&lt;li>&amp;ldquo;Le nombre formé par les décimales de pi&amp;rdquo; $\rightarrow$ $0.14159265...$&lt;/li>
&lt;/ul>
&lt;p>Puisque les combinaisons de phrases pouvant être exprimées en français ne sont que des réarrangements de lettres trouvées dans le dictionnaire, il est possible de leur donner un &amp;ldquo;ordre&amp;rdquo;.
(Par exemple, en les triant par ordre croissant du nombre de lettres, et à nombre de lettres égal, par ordre alphabétique.)&lt;/p>
&lt;p>Ainsi, nous avons pu créer une &lt;strong>liste numérotée à l&amp;rsquo;infini&lt;/strong> (1er, 2e, 3e&amp;hellip;) de &amp;ldquo;tous les nombres réels définissables en français&amp;rdquo;.&lt;/p>
$$
\begin{align*}
r_1 &amp;= 0.\mathbf{3}333... \\
r_2 &amp;= 0.5\mathbf{0}00... \\
r_3 &amp;= 0.14\mathbf{1}5... \\
r_4 &amp;= 0.777\mathbf{7}... \\
&amp;\vdots
\end{align*}
$$
&lt;p>Dans cette liste, &amp;ldquo;absolument tous les nombres réels définissables en français&amp;rdquo; devraient être parfaitement répertoriés, sans aucune exception.&lt;/p>
&lt;hr>
&lt;h2 id="2-la-technique-diabolique--largument-de-la-diagonale">2. La technique diabolique : l&amp;rsquo;&amp;ldquo;argument de la diagonale&amp;rdquo;
&lt;/h2>&lt;p>C&amp;rsquo;est ici que Richard effectue une opération terrifiante.
Il crée artificiellement un &lt;strong>&amp;ldquo;nouveau nombre $X$ complètement inédit&amp;rdquo;&lt;/strong>, de telle sorte qu&amp;rsquo;il évite tous les nombres de la liste.&lt;/p>
&lt;p>La méthode de fabrication est simple.&lt;/p>
&lt;ul>
&lt;li>Regardez la &lt;strong>1ère décimale&lt;/strong> du &lt;strong>1er&lt;/strong> nombre de la liste (dans l&amp;rsquo;exemple ci-dessus, $3$). Ajoutez $1$ à ce chiffre, et cela devient la 1ère décimale de $X$ ($3+1=4$).&lt;/li>
&lt;li>Regardez la &lt;strong>2e décimale&lt;/strong> du &lt;strong>2e&lt;/strong> nombre de la liste (dans l&amp;rsquo;exemple ci-dessus, $0$). Ajoutez $1$ à ce chiffre, et cela devient la 2e décimale de $X$ ($0+1=1$).&lt;/li>
&lt;li>Regardez la &lt;strong>3e décimale&lt;/strong> du &lt;strong>3e&lt;/strong> nombre de la liste (dans l&amp;rsquo;exemple ci-dessus, $1$). Ajoutez $1$ à ce chiffre, et cela devient la 3e décimale de $X$ ($1+1=2$).&lt;/li>
&lt;/ul>
&lt;p>※ Si le chiffre d&amp;rsquo;origine est $9$, on suppose qu&amp;rsquo;il revient à $0$.&lt;/p>
&lt;div class="mermaid">graph TD
subgraph "Les nombres réels listés"
R1["r1 = 0.[3]33..."]
R2["r2 = 0.5[0]0..."]
R3["r3 = 0.14[1]..."]
R4["r4 = 0.777[7]..."]
end
subgraph "Le nouveau nombre créé X"
X["X = 0.4128..."]
end
R1 -->|Ajouter 1 à la 1ère décimale| X
R2 -->|Ajouter 1 à la 2e décimale| X
R3 -->|Ajouter 1 à la 3e décimale| X
R4 -->|Ajouter 1 à la 4e décimale| X
style X fill:#aaffaa,stroke:#333,stroke-width:2px&lt;/div>
&lt;p>Le nouveau nombre $X$ créé de cette manière (dans l&amp;rsquo;exemple ci-dessus, $X = 0.4128...$) ne correspondra &lt;strong>absolument jamais à aucun nombre de la liste&lt;/strong>.
Pourquoi ? Parce que la &amp;ldquo;$n$-ième décimale&amp;rdquo; est intentionnellement décalée par rapport au $n$-ième nombre de la liste.
(Cette technique, inventée par le génial mathématicien Cantor pour prouver la grandeur infinie des nombres réels, est appelée l&amp;rsquo;&lt;strong>&amp;ldquo;argument de la diagonale&amp;rdquo;&lt;/strong>.)&lt;/p>
&lt;hr>
&lt;h2 id="3-lachèvement-du-paradoxe-de-richard">3. L&amp;rsquo;achèvement du paradoxe de Richard
&lt;/h2>&lt;p>Maintenant, voici le paradoxe.&lt;/p>
&lt;p>Nous venons tout juste de créer un nouveau nombre $X$.
Et la &amp;ldquo;règle&amp;rdquo; pour créer ce $X$ est parfaitement expliquée (définie) par &lt;strong>la phrase en français que je viens d&amp;rsquo;écrire ci-dessus&lt;/strong>.&lt;/p>
&lt;p>En d&amp;rsquo;autres termes, $X$ est un &lt;strong>&amp;ldquo;nombre réel définissable en français&amp;rdquo;&lt;/strong>.&lt;/p>
&lt;p>Cependant, souvenez-vous de la prémisse initiale.
&amp;ldquo;Les nombres réels définissables en français&amp;rdquo; devaient être &lt;strong>tous répertoriés dans la première liste ($r_1, r_2, r_3...$)&lt;/strong>.
Pourtant, $X$ a été conçu de manière à ne correspondre à aucun nombre de la liste.&lt;/p>
&lt;ol>
&lt;li>&lt;strong>$X$ doit exister dans la liste (car il a été défini en français).&lt;/strong>&lt;/li>
&lt;li>&lt;strong>$X$ ne doit pas exister dans la liste (car il a été conçu par l&amp;rsquo;argument de la diagonale pour être différent de tous les nombres de la liste).&lt;/strong>&lt;/li>
&lt;/ol>
&lt;p>C&amp;rsquo;est une contradiction parfaite ! C&amp;rsquo;est le paradoxe de Richard.&lt;/p>
&lt;hr>
&lt;h2 id="4-pourquoi-la-logique-sest-elle-effondrée--le-piège-du-métalangage">4. Pourquoi la logique s&amp;rsquo;est-elle effondrée ? (Le piège du métalangage)
&lt;/h2>&lt;p>La cause de ce paradoxe, tout comme le paradoxe de Berry, réside dans la confusion des &amp;ldquo;niveaux de langage&amp;rdquo;.&lt;/p>
&lt;p>Pour faire des mathématiques de manière rigoureuse, il faut séparer clairement la &amp;ldquo;liste des nombres cibles (le langage objet)&amp;rdquo; et les &amp;ldquo;règles qui parlent de l&amp;rsquo;extérieur des propriétés de cette liste (le métalangage)&amp;rdquo;.&lt;/p>
&lt;p>La liste de Richard est un rassemblement de &amp;ldquo;définitions de nombres calculables&amp;rdquo;.
Cependant, la règle pour créer le nouveau nombre $X$, &amp;ldquo;regarder la $n$-ième décimale du $n$-ième nombre de la liste&amp;rdquo;, est une opération du &lt;strong>&amp;ldquo;métalangage&amp;rdquo; qui ne peut être exécutée qu&amp;rsquo;en observant la liste elle-même de l&amp;rsquo;extérieur&lt;/strong>.&lt;/p>
&lt;p>Le paradoxe de Richard a explosé en une contradiction interne parce qu&amp;rsquo;il a tenté de glisser secrètement ce &amp;ldquo;nombre métalinguistique $X$ créé en manipulant la liste de l&amp;rsquo;extérieur&amp;rdquo; à l&amp;rsquo;intérieur de la &amp;ldquo;liste interne&amp;rdquo;.&lt;/p>
&lt;hr>
&lt;h2 id="5-le-passage-de-témoin-à-gödel">5. Le passage de témoin à Gödel
&lt;/h2>&lt;p>Le paradoxe de Richard a provoqué une grande onde de choc dans le monde mathématique de l&amp;rsquo;époque.
&amp;ldquo;Le langage humain (et les systèmes logiques), si l&amp;rsquo;on n&amp;rsquo;y prend pas garde, peuvent rapidement générer des contradictions internes. Que doit-on faire pour rendre les mathématiques parfaites et exemptes de contradictions ?&amp;rdquo;&lt;/p>
&lt;p>En 1931, c&amp;rsquo;est Kurt Gödel, un jeune mathématicien de génie de 25 ans, qui a apporté une conclusion définitive à ce problème.
Gödel a parfaitement traduit et reproduit la structure de ce paradoxe, que Richard avait provoqué en utilisant &amp;ldquo;l&amp;rsquo;ambiguïté du langage humain&amp;rdquo;, à l&amp;rsquo;aide de &lt;strong>&amp;ldquo;formules mathématiques rigoureuses (nombres de Gödel)&amp;rdquo;&lt;/strong>.&lt;/p>
&lt;p>Le résultat qui en a découlé est le célèbre &lt;strong>&amp;ldquo;théorème d&amp;rsquo;incomplétude de Gödel&amp;rdquo;&lt;/strong>.
C&amp;rsquo;était une découverte majeure démontrant les limites du savoir humain : &amp;ldquo;Aussi rigoureusement que vous définissiez les règles mathématiques, il y aura toujours dans ces règles des &amp;lsquo;vérités qui ne peuvent être ni prouvées ni réfutées&amp;rsquo; (les mathématiques sont incomplètes).&amp;rdquo;&lt;/p>
&lt;p>Le paradoxe de Richard a commencé comme un simple jeu de mots contradictoire, pour évoluer ensuite en l&amp;rsquo;arme ultime permettant de briser &amp;ldquo;l&amp;rsquo;absoluité&amp;rdquo; de la discipline mathématique elle-même.&lt;/p></description></item><item><title>L'Hôtel Infini de Hilbert : comment loger une infinité de nouveaux clients dans un hôtel complet</title><link>http://kenji.blog/fr/p/hilberts-grand-hotel/</link><pubDate>Thu, 10 Sep 2026 06:00:00 +0900</pubDate><guid>http://kenji.blog/fr/p/hilberts-grand-hotel/</guid><description>&lt;img src="http://kenji.blog/p/hilberts-grand-hotel/img/hilberts_hotel.jpg" alt="Featured image of post L'Hôtel Infini de Hilbert : comment loger une infinité de nouveaux clients dans un hôtel complet" />&lt;h2 id="1-bienvenue-dans-lhôtel-ultime">1. Bienvenue dans l&amp;rsquo;hôtel ultime
&lt;/h2>&lt;p>Le grand mathématicien allemand David Hilbert a conçu l&amp;rsquo;expérience de pensée amusante suivante pour expliquer à quel point le concept d&amp;rsquo;« infini » est éloigné de l&amp;rsquo;intuition humaine.&lt;/p>
&lt;p>Imaginez. Quelque part dans l&amp;rsquo;univers, il y a un hôtel appelé &lt;strong>« L&amp;rsquo;Hôtel Infini de Hilbert »&lt;/strong>.
Cet hôtel possède un nombre &lt;strong>infini&lt;/strong> de chambres numérotées : chambre 1, chambre 2, chambre 3&amp;hellip;&lt;/p>
&lt;p>Un jour, un grand événement a eu lieu dans l&amp;rsquo;univers, et cet hôtel infini s&amp;rsquo;est retrouvé &lt;strong>« complet »&lt;/strong>, toutes les chambres étant occupées.
Un voyageur épuisé est alors arrivé et a demandé à la réception : « Pourriez-vous me libérer une chambre ? »&lt;/p>
&lt;p>Un hôtel ordinaire n&amp;rsquo;aurait d&amp;rsquo;autre choix que de refuser en disant : « Nous sommes désolés, l&amp;rsquo;hôtel est complet. »
Cependant, il s&amp;rsquo;agit d&amp;rsquo;un hôtel infini. Le directeur a souri et a dit : « Certainement. Nous allons vous préparer une chambre immédiatement. »
Comment peut-on loger un nouveau client alors que l&amp;rsquo;hôtel est complet ?&lt;/p>
&lt;hr>
&lt;h2 id="2-cas-1--comment-loger-1-nouveau-client">2. Cas 1 : Comment loger 1 nouveau client
&lt;/h2>&lt;p>Le directeur a fait une annonce à tous les clients déjà séjournant dans l&amp;rsquo;hôtel :&lt;/p>
&lt;p>&lt;strong>« Chers clients, veuillez vous déplacer vers la chambre dont le numéro correspond à votre numéro de chambre actuel &amp;ldquo;plus 1&amp;rdquo;. »&lt;/strong>&lt;/p>
&lt;p>Que se passe-t-il alors ?&lt;/p>
&lt;ul>
&lt;li>Le client de la chambre 1 se déplace vers la chambre 2.&lt;/li>
&lt;li>Le client de la chambre 2 se déplace vers la chambre 3.&lt;/li>
&lt;li>Le client de la chambre 3 se déplace vers la chambre 4.&lt;/li>
&lt;li>Le client de la chambre $n$ se déplace vers la chambre $n+1$.&lt;/li>
&lt;/ul>
&lt;div class="mermaid">graph LR
subgraph "Avant le déplacement (Complet)"
R1["Chambre 1&lt;br>(Client A)"]
R2["Chambre 2&lt;br>(Client B)"]
R3["Chambre 3&lt;br>(Client C)"]
R4["..."]
end
subgraph "Après le déplacement"
NewR1["Chambre 1&lt;br>(Vide !)"]
NewR2["Chambre 2&lt;br>(Client A)"]
NewR3["Chambre 3&lt;br>(Client B)"]
NewR4["Chambre 4&lt;br>(Client C)"]
end
R1 -->|Déplacement| NewR2
R2 -->|Déplacement| NewR3
R3 -->|Déplacement| NewR4
NewGuest["Nouveau client"] -->|Enregistrement| NewR1
style NewR1 fill:#aaffaa,stroke:#333,stroke-width:2px
style NewGuest fill:#ffaaaa,stroke:#333,stroke-width:2px&lt;/div>
&lt;p>Comme il y a une infinité de chambres, il n&amp;rsquo;arrivera jamais que « le client de la toute dernière chambre soit expulsé ». Tout le monde peut déménager sans problème dans la chambre d&amp;rsquo;à côté.
Et voilà, &lt;strong>la chambre 1 est devenue vide.&lt;/strong> Le nouveau voyageur a pu séjourner sans problème dans la chambre 1.&lt;/p>
&lt;p>Dans le monde de l&amp;rsquo;infini, $\infty + 1 = \infty$ est vrai.
Même si l&amp;rsquo;on retire « 1 » du « tout (l&amp;rsquo;infini) », la taille globale ne change pas.&lt;/p>
&lt;hr>
&lt;h2 id="3-cas-2--comment-loger-une-infinité-de-nouveaux-clients">3. Cas 2 : Comment loger une infinité de nouveaux clients
&lt;/h2>&lt;p>Le lendemain, l&amp;rsquo;hôtel est redevenu complet.
C&amp;rsquo;est alors qu&amp;rsquo;arrive, à la surprise générale, &lt;strong>un bus infini transportant une « infinité de passagers »&lt;/strong>.
Les passagers qui descendent du bus exigent à la réception : « Préparez-nous des chambres pour tout le monde ! »&lt;/p>
&lt;p>Si l&amp;rsquo;on demande un déplacement « plus 1 » comme la veille, cela prendra une éternité.
Cependant, le directeur ne panique pas. Il fait à nouveau une annonce dans l&amp;rsquo;hôtel.&lt;/p>
&lt;p>&lt;strong>« Chers clients, veuillez vous déplacer vers la chambre dont le numéro correspond au &amp;ldquo;double&amp;rdquo; de votre numéro de chambre actuel. »&lt;/strong>&lt;/p>
&lt;p>Que se passe-t-il alors ?&lt;/p>
&lt;ul>
&lt;li>Le client de la chambre 1 se déplace vers la chambre 2.&lt;/li>
&lt;li>Le client de la chambre 2 se déplace vers la chambre 4.&lt;/li>
&lt;li>Le client de la chambre 3 se déplace vers la chambre 6.&lt;/li>
&lt;li>Le client de la chambre $n$ se déplace vers la chambre $2n$.&lt;/li>
&lt;/ul>
&lt;p>Grâce à ce déplacement, l&amp;rsquo;infinité de clients déjà présents s&amp;rsquo;est parfaitement installée dans &lt;strong>« toutes les chambres à numéro pair »&lt;/strong>.
Et miraculeusement, &lt;strong>« toutes les chambres à numéro impair (chambre 1, chambre 3, chambre 5&amp;hellip;) » se sont retrouvées complètement vides&lt;/strong> !&lt;/p>
&lt;div class="mermaid">graph LR
subgraph "Clients actuels"
G1["Client 1"] -->|Double| R2["Chambre 2"]
G2["Client 2"] -->|Double| R4["Chambre 4"]
G3["Client 3"] -->|Double| R6["Chambre 6"]
end
subgraph "Nouveaux clients du bus (Infinité)"
N1["Nouveau 1"] -->|Vers impair| R1["Chambre 1 (Vide)"]
N2["Nouveau 2"] -->|Vers impair| R3["Chambre 3 (Vide)"]
N3["Nouveau 3"] -->|Vers impair| R5["Chambre 5 (Vide)"]
end
style R1 fill:#aaffaa,stroke:#333
style R3 fill:#aaffaa,stroke:#333
style R5 fill:#aaffaa,stroke:#333&lt;/div>
&lt;p>Comme il existe également une infinité de nombres impairs, le directeur peut loger tout le monde en guidant les passagers du bus infini dans l&amp;rsquo;ordre, à partir du premier, vers la chambre 1, la chambre 3, la chambre 5&amp;hellip;&lt;/p>
&lt;p>Dans le monde de l&amp;rsquo;infini, $\infty + \infty = \infty$ est vrai.
Même si l&amp;rsquo;on ajoute l&amp;rsquo;infini à l&amp;rsquo;infini, la taille reste la même, c&amp;rsquo;est-à-dire l&amp;rsquo;« infini ».&lt;/p>
&lt;hr>
&lt;h2 id="4-cas-3--et-si-une-infinité-de-bus-infinis-arrivaient-">4. Cas 3 : Et si une infinité de bus infinis arrivaient ?
&lt;/h2>&lt;p>Le surlendemain, l&amp;rsquo;hôtel est encore complet.
C&amp;rsquo;est alors qu&amp;rsquo;arrive, incroyablement, &lt;strong>« une infinité de bus infinis transportant chacun une infinité de passagers »&lt;/strong>, l&amp;rsquo;un après l&amp;rsquo;autre.&lt;/p>
&lt;p>Une infinité de personnes dans le bus 1, une infinité de personnes dans le bus 2, une infinité de personnes dans le bus 3&amp;hellip; et cela continue indéfiniment.
Même ce directeur aurait pu paniquer, mais il était un génie des mathématiques. Il a eu l&amp;rsquo;idée d&amp;rsquo;utiliser les « nombres premiers ».&lt;/p>
&lt;p>Le directeur a donné les instructions suivantes :&lt;/p>
&lt;ol>
&lt;li>
&lt;p>&lt;strong>Déplacement des clients séjournant déjà à l&amp;rsquo;hôtel&lt;/strong>
Si le numéro de la chambre actuelle est $n$, on leur demande de se déplacer vers la chambre « $2^n$ ».
(Chambre 1 $\rightarrow$ Chambre 2, Chambre 2 $\rightarrow$ Chambre 4, Chambre 3 $\rightarrow$ Chambre 8&amp;hellip;)
Ainsi, tous les clients actuels sont logés.&lt;/p>
&lt;/li>
&lt;li>
&lt;p>&lt;strong>Placement des clients du bus 1 (une infinité)&lt;/strong>
Si le numéro de siège du client est $n$, il est dirigé vers la chambre « $3^n$ ».
(Chambre 3, Chambre 9, Chambre 27&amp;hellip;)&lt;/p>
&lt;/li>
&lt;li>
&lt;p>&lt;strong>Placement des clients du bus 2 (une infinité)&lt;/strong>
En utilisant le nombre premier suivant, 5, ils sont dirigés vers la chambre « $5^n$ ».
(Chambre 5, Chambre 25, Chambre 125&amp;hellip;)&lt;/p>
&lt;/li>
&lt;li>
&lt;p>&lt;strong>Placement des clients du bus $k$ (une infinité)&lt;/strong>
En utilisant le $k+1$-ème nombre premier $P$, ils sont dirigés vers la chambre « $P^n$ ».&lt;/p>
&lt;/li>
&lt;/ol>
&lt;p>Grâce au puissant théorème mathématique de l&amp;rsquo;« unicité de la décomposition en facteurs premiers » (n&amp;rsquo;importe quel nombre a une seule combinaison possible de multiplication de nombres premiers), il est absolument impossible que les numéros de chambre $2^n, 3^n, 5^n, 7^n \dots$ se chevauchent avec ceux de quelqu&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;autre.&lt;/p>
&lt;p>C&amp;rsquo;est ainsi que le directeur a réussi à loger de manière spectaculaire un nombre astronomique de &lt;strong>« l&amp;rsquo;infini $\times$ l&amp;rsquo;infini »&lt;/strong> clients dans un seul hôtel infini !&lt;/p>
&lt;hr>
&lt;h2 id="5-linfini-a-des-différences-de--taille--le-théorème-de-cantor">5. L&amp;rsquo;infini a des différences de « taille » (Le théorème de Cantor)
&lt;/h2>&lt;p>Ce que l&amp;rsquo;Hôtel Infini de Hilbert nous apprend, c&amp;rsquo;est le fait que &lt;strong>l&amp;rsquo;« infini dénombrable » (l&amp;rsquo;infini que l&amp;rsquo;on peut compter en attribuant des numéros 1, 2, 3&amp;hellip;), peu importe combien on l&amp;rsquo;additionne ou le multiplie, finit toujours par tenir dans le cadre d&amp;rsquo;un « infini dénombrable » de la même taille.&lt;/strong>&lt;/p>
&lt;p>Cependant, le mathématicien Georg Cantor a découvert un fait encore plus terrifiant.
Les « entiers naturels » et les « fractions » peuvent tous être logés dans cet hôtel infini. Mais, &lt;strong>si les clients des « nombres réels » (tous les nombres décimaux, y compris les nombres irrationnels) arrivaient, il serait absolument impossible de tous les loger, même en utilisant cet hôtel infini.&lt;/strong>&lt;/p>
&lt;p>Il a été prouvé que la quantité de nombres réels est un « infini (de niveau supérieur) fondamentalement plus grand » que le nombre de chambres de l&amp;rsquo;Hôtel Infini (infini dénombrable).
On a tendance à tout regrouper sous le mot « infini », mais en réalité, il existe une structure hiérarchique (cardinalité) au sein de l&amp;rsquo;infini, avec un « petit infini » et un « grand infini que l&amp;rsquo;on ne peut absolument pas atteindre ».&lt;/p>
&lt;hr>
&lt;h2 id="6-conclusion--l-infini--qui-détruit-lintuition-humaine">6. Conclusion : L&amp;rsquo;« infini » qui détruit l&amp;rsquo;intuition humaine
&lt;/h2>&lt;p>L&amp;rsquo;Hôtel Infini de Hilbert illustre de manière éclatante à quel point le « bon sens du fini » cultivé dans notre vie quotidienne ne s&amp;rsquo;applique pas au « monde de l&amp;rsquo;infini ».&lt;/p>
&lt;p>« Le tout est plus grand que la partie »
« Personne ne peut entrer dans un hôtel complet »
« Si l&amp;rsquo;on ajoute l&amp;rsquo;infini à l&amp;rsquo;infini, cela devient encore plus grand »&lt;/p>
&lt;p>Toutes ces intuitions évidentes sont brillamment contredites.
Le monde de l&amp;rsquo;infini est un trésor de paradoxes (des vérités contraires à l&amp;rsquo;intuition). Les mathématiciens n&amp;rsquo;ont pas craint ces paradoxes ; ils les ont maîtrisés par la force de la logique, les ont classés et ont créé le magnifique système de la théorie des ensembles moderne.&lt;/p>
&lt;p>La prochaine fois que l&amp;rsquo;on vous refusera une chambre en disant « L&amp;rsquo;hôtel est complet », essayez d&amp;rsquo;imaginer : « Si seulement cet hôtel était l&amp;rsquo;Hôtel Infini de Hilbert&amp;hellip; »&lt;/p></description></item><item><title>Le paradoxe de Banach-Tarski : couper une sphère en morceaux et obtenir deux sphères de la même taille ?</title><link>http://kenji.blog/fr/p/banach-tarski-paradox/</link><pubDate>Thu, 10 Sep 2026 02:00:00 +0900</pubDate><guid>http://kenji.blog/fr/p/banach-tarski-paradox/</guid><description>&lt;img src="http://kenji.blog/p/banach-tarski-paradox/img/banach_tarski.jpg" alt="Featured image of post Le paradoxe de Banach-Tarski : couper une sphère en morceaux et obtenir deux sphères de la même taille ?" />&lt;h2 id="1-un-théorème-magique--1--1--1-">1. Un théorème magique : 1 = 1 + 1 ?
&lt;/h2>&lt;p>Imaginez que vous avez devant vous une sphère d&amp;rsquo;or pur.
Vous coupez cette sphère en plusieurs morceaux avec un couteau. Ensuite, vous assemblez ces pièces comme un puzzle. Vous ne les étirez pas, ne les pliez pas et n&amp;rsquo;ajoutez pas d&amp;rsquo;or supplémentaire. Vous vous contentez de les déplacer et de les coller ensemble.&lt;/p>
&lt;p>Cependant, lorsque vous regardez le puzzle terminé, vous obtenez &lt;strong>&amp;ldquo;deux sphères d&amp;rsquo;or pur exactement de la même taille que la sphère d&amp;rsquo;origine&amp;rdquo;&lt;/strong>.&lt;/p>
&lt;p>Vous vous dites sûrement : &amp;ldquo;C&amp;rsquo;est absurde ! Cela contredit la loi de conservation de la masse, c&amp;rsquo;est un délire d&amp;rsquo;alchimiste !&amp;rdquo;.
C&amp;rsquo;est absolument impossible dans le monde physique réel. Cependant, &lt;strong>dans le monde des mathématiques pures (géométrie et théorie des ensembles), cela est prouvé comme un théorème logiquement correct à 100 %&lt;/strong>.&lt;/p>
&lt;p>Il s&amp;rsquo;agit du &lt;strong>&amp;ldquo;paradoxe de Banach-Tarski&amp;rdquo;&lt;/strong>, prouvé par deux mathématiciens, Stefan Banach et Alfred Tarski, en 1924.&lt;/p>
&lt;hr>
&lt;h2 id="2-comprendre-précisément-lénoncé-du-paradoxe">2. Comprendre précisément l&amp;rsquo;énoncé du paradoxe
&lt;/h2>&lt;p>Si l&amp;rsquo;on exprime le théorème prouvé par Banach et Tarski en termes mathématiques précis, cela donne ce qui suit :&lt;/p>
&lt;blockquote>
&lt;p>&lt;strong>Le théorème de Banach-Tarski&lt;/strong>
Toute boule $S$ dans l&amp;rsquo;espace à trois dimensions peut être divisée en un nombre fini de sous-ensembles. Ces sous-ensembles peuvent ensuite être réassemblés (uniquement par rotation et translation) de manière à former deux boules identiques à la boule d&amp;rsquo;origine $S$.&lt;/p>
&lt;/blockquote>
&lt;p>Encore plus surprenant, en appliquant ce théorème, on peut également affirmer ce qui suit :&lt;/p>
&lt;ul>
&lt;li>En divisant un petit pois en un nombre fini de morceaux et en les réassemblant, on peut créer &lt;strong>une boule exactement de la même taille que le Soleil&lt;/strong>. (Aussi connu sous le nom de paradoxe du petit pois et du Soleil)&lt;/li>
&lt;/ul>
&lt;p>Pourquoi une telle magie est-elle permise mathématiquement ?
Le secret réside dans deux mots-clés : &lt;strong>&amp;ldquo;l&amp;rsquo;infini&amp;rdquo;&lt;/strong> et &lt;strong>&amp;ldquo;l&amp;rsquo;axiome du choix&amp;rdquo;&lt;/strong>.&lt;/p>
&lt;hr>
&lt;h2 id="3-les-propriétés-étranges-de-linfini">3. Les propriétés étranges de &amp;ldquo;l&amp;rsquo;infini&amp;rdquo;
&lt;/h2>&lt;p>La première étape pour comprendre ce paradoxe est de connaître les propriétés étranges des &amp;ldquo;ensembles infinis&amp;rdquo;.&lt;/p>
&lt;p>Dans le monde du &amp;ldquo;fini&amp;rdquo; que nous manipulons habituellement, le tout est toujours plus grand que la partie.
Par exemple, si vous prenez les nombres pairs (5 nombres) parmi les nombres de 1 à 10 (10 nombres), la quantité diminue de moitié.&lt;/p>
&lt;p>Cependant, ce sens commun ne s&amp;rsquo;applique pas dans le monde de &amp;ldquo;l&amp;rsquo;infini&amp;rdquo;.
Entre tous les &amp;ldquo;nombres entiers naturels&amp;rdquo; (1, 2, 3, 4, &amp;hellip;) et tous les &amp;ldquo;nombres pairs&amp;rdquo; (2, 4, 6, 8, &amp;hellip;), lesquels sont les plus nombreux ?
Intuitivement, on pourrait penser qu&amp;rsquo;il y a plus de nombres entiers naturels, car les nombres pairs ne représentent que la moitié des entiers.
Cependant, essayez de faire des paires comme suit :&lt;/p>
&lt;ul>
&lt;li>1 $\rightarrow$ 2&lt;/li>
&lt;li>2 $\rightarrow$ 4&lt;/li>
&lt;li>3 $\rightarrow$ 6&lt;/li>
&lt;li>$n \rightarrow 2n$&lt;/li>
&lt;/ul>
&lt;p>Ainsi, pour chaque entier naturel, vous pouvez toujours l&amp;rsquo;associer à exactement un nombre pair qui en est le double (correspondance biunivoque). Il ne reste aucun nombre.
En d&amp;rsquo;autres termes, mathématiquement, &lt;strong>&amp;ldquo;le nombre d&amp;rsquo;entiers naturels (infini)&amp;rdquo; et &amp;ldquo;le nombre de nombres pairs (infini)&amp;rdquo; ont exactement la même taille&lt;/strong> !&lt;/p>
&lt;p>Bien que l&amp;rsquo;on ait retiré la moitié (les nombres pairs) du tout (les nombres entiers naturels), la taille reste inchangée. Dans les ensembles infinis, il peut arriver que &lt;strong>&amp;ldquo;la partie soit égale au tout&amp;rdquo;&lt;/strong>.
Le théorème de Banach-Tarski est l&amp;rsquo;expression ultime de cette &amp;ldquo;magie de l&amp;rsquo;infini&amp;rdquo; appliquée aux ensembles de &amp;ldquo;points&amp;rdquo; dans un espace tridimensionnel.&lt;/p>
&lt;hr>
&lt;h2 id="4-les-points-de-lespace-sont-découpés-de-manière-non-mesurable">4. Les points de l&amp;rsquo;espace sont découpés de manière &amp;ldquo;non mesurable&amp;rdquo;
&lt;/h2>&lt;p>Lorsqu&amp;rsquo;on coupe un objet réel (comme de l&amp;rsquo;or ou une pomme) avec un couteau, les morceaux ont toujours un &amp;ldquo;volume&amp;rdquo;.
Cependant, une boule en mathématiques est une &lt;strong>&amp;ldquo;collection infinie de points&amp;rdquo;&lt;/strong> qui n&amp;rsquo;a pas de volume en soi.&lt;/p>
&lt;p>Banach et Tarski ont divisé ces points infinis en groupes d&amp;rsquo;une manière très spéciale et complexe.
La méthode de division est tellement complexe et dispersée que l&amp;rsquo;état résultant devient &amp;ldquo;impossible à mesurer en termes de volume (ensemble non mesurable)&amp;rdquo;.&lt;/p>
&lt;div class="mermaid">graph TD
S["Sphère d'origine S (Volume V)"] -->|Division spéciale| P1["Fragment 1 (Volume non mesurable)"]
S --> P2["Fragment 2 (Volume non mesurable)"]
S --> P3["Fragment 3 (Volume non mesurable)"]
S --> P4["Fragment 4 (Volume non mesurable)"]
S --> P5["Fragment 5 (Volume non mesurable)"]
P1 -->|Rotation / Translation| S1["Nouvelle sphère 1 (Volume V)"]
P2 -->|Rotation / Translation| S1
P3 -->|Rotation / Translation| S1
P4 -->|Rotation / Translation| S2["Nouvelle sphère 2 (Volume V)"]
P5 -->|Rotation / Translation| S2
style S fill:#ffddaa,stroke:#333,stroke-width:2px
style S1 fill:#aaddff,stroke:#333,stroke-width:2px
style S2 fill:#aaddff,stroke:#333,stroke-width:2px&lt;/div>
&lt;p>Si chaque pièce devient un nuage flou de points qui &amp;ldquo;n&amp;rsquo;a pas de volume (ne peut pas être mesuré)&amp;rdquo;, il est possible de s&amp;rsquo;affranchir de la contrainte physique (additivité de la mesure) stipulant que &amp;ldquo;la somme des volumes des pièces doit être égale au volume d&amp;rsquo;origine&amp;rdquo;.&lt;/p>
&lt;p>Et lorsque ces pièces de nuages flous sont pivotées et combinées habilement, la &amp;ldquo;magie de l&amp;rsquo;infini&amp;rdquo; permet d&amp;rsquo;obtenir deux boules remplies des mêmes points que la boule d&amp;rsquo;origine.
En réalité, il est prouvé que cette opération consistant à &amp;ldquo;créer deux boules à partir d&amp;rsquo;une seule&amp;rdquo; est possible en divisant la boule d&amp;rsquo;origine en seulement &lt;strong>5 morceaux&lt;/strong>.&lt;/p>
&lt;hr>
&lt;h2 id="5-le-responsable-de-tout-ça--quest-ce-que-laxiome-du-choix-">5. Le responsable de tout ça : qu&amp;rsquo;est-ce que &amp;ldquo;l&amp;rsquo;axiome du choix&amp;rdquo; ?
&lt;/h2>&lt;p>Alors, pourquoi une &amp;ldquo;division si complexe que son volume ne peut être mesuré&amp;rdquo; est-elle mathématiquement possible ?
C&amp;rsquo;est parce que nous acceptons la règle appelée &lt;strong>&amp;ldquo;l&amp;rsquo;axiome du choix (Axiom of Choice)&amp;rdquo;&lt;/strong>, qui est le fondement des mathématiques modernes.&lt;/p>
&lt;p>Pour résumer, l&amp;rsquo;axiome du choix est la règle suivante :&lt;/p>
&lt;blockquote>
&lt;p>&lt;strong>L&amp;rsquo;idée de l&amp;rsquo;axiome du choix&lt;/strong>
Lorsqu&amp;rsquo;il y a des objets dans de nombreuses boîtes, on a la règle de &lt;strong>&amp;ldquo;pouvoir choisir exactement un objet dans chaque boîte pour créer un nouvel ensemble&amp;rdquo;&lt;/strong>.&lt;/p>
&lt;/blockquote>
&lt;p>Si le nombre de boîtes est fini, tout le monde peut le faire normalement.
Cependant, si &lt;strong>le nombre de boîtes est &amp;ldquo;infini&amp;rdquo;&lt;/strong>, il est impossible pour un être humain de terminer l&amp;rsquo;opération de &amp;ldquo;choisir un par un&amp;rdquo; une infinité de fois. Néanmoins, l&amp;rsquo;axiome du choix admet qu&amp;rsquo;il est permis de considérer que &amp;ldquo;l&amp;rsquo;ensemble créé par ces choix existe&amp;rdquo;.&lt;/p>
&lt;p>Cet axiome était extrêmement pratique et indispensable pour construire les mathématiques modernes. La plupart des mathématiciens ont accepté cette règle en se disant : &amp;ldquo;Eh bien, c&amp;rsquo;est évident&amp;rdquo;.&lt;/p>
&lt;p>Cependant, accepter cet axiome du choix implique d&amp;rsquo;accepter l&amp;rsquo;existence d&amp;rsquo;ensembles de points si éparpillés qu&amp;rsquo;il est impossible d&amp;rsquo;en mesurer le volume (ensembles non mesurables). Et en conséquence, le théorème de Banach-Tarski, affirmant qu&amp;rsquo;une boule se dédouble, en découle comme une nécessité logique.&lt;/p>
&lt;hr>
&lt;h2 id="6-conclusion--le-monde-au-delà-de-lintuition-décrit-par-les-mathématiques">6. Conclusion : le &amp;ldquo;monde au-delà de l&amp;rsquo;intuition&amp;rdquo; décrit par les mathématiques
&lt;/h2>&lt;p>Le paradoxe de Banach-Tarski n&amp;rsquo;est pas un paradoxe au sens d&amp;rsquo;&amp;ldquo;incohérence logique&amp;rdquo;. C&amp;rsquo;est un paradoxe dans le sens où &lt;strong>la logique est correcte à 100 %, mais la conclusion à laquelle elle aboutit contredit violemment l&amp;rsquo;intuition humaine et les lois de la physique&lt;/strong>.&lt;/p>
&lt;p>Lorsque ce théorème a été publié, certains mathématiciens ont soutenu que &amp;ldquo;si une conclusion aussi insensée en ressort, l&amp;rsquo;axiome du choix doit être erroné !&amp;rdquo;.
Cependant, aujourd&amp;rsquo;hui, la plupart des mathématiciens acceptent l&amp;rsquo;axiome du choix, et le théorème de Banach-Tarski est également accepté comme &amp;ldquo;une propriété étrange mais belle de l&amp;rsquo;espace tridimensionnel et des ensembles infinis&amp;rdquo;.&lt;/p>
&lt;p>Puisque le monde physique dans lequel nous vivons est constitué de &amp;ldquo;particules ayant une taille (finies)&amp;rdquo; appelées atomes, il est impossible de donner à un petit pois la taille du Soleil.
Cependant, sur la toile des &amp;ldquo;mathématiques&amp;rdquo; créée par le cerveau humain, la taille d&amp;rsquo;un point est nulle, et des opérations infinies sont permises.&lt;/p>
&lt;p>Le paradoxe de Banach-Tarski nous enseigne &lt;strong>à quel point le concept de &amp;ldquo;l&amp;rsquo;infini&amp;rdquo; surpasse allègrement notre simple intuition humaine&lt;/strong>, et on peut dire que c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;un des plus grands chefs-d&amp;rsquo;œuvre des mathématiques modernes.&lt;/p></description></item></channel></rss>